En route pour la mission. Lettre du Père Cabanac  

Paroisse d’Arles

 

En route pour la mission

 

Le dimanche 27 septembre à la Primatiale Saint Trophime, la messe de rentrée réunira l’ensemble de notre communauté paroissiale d’Arles.

Dans l’évangile de saint Mathieu au chapitre 5, après le don des 8 béatitudes, Jésus dit à ses disciples : « vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ».

Cette parole s’inscrit dans le cœur de tout baptisé. Elle est pour ainsi dire notre  carte d’identité  et notre boussole.

La Parole de Jésus oriente non seulement notre vie mais elle donne aussi sens à notre communauté paroissiale.

Sel et lumière sont deux réalités évangéliques qui font de chacun de nous des missionnaires de l’Evangile.

 

« Le Seigneur nous a envoyés évangéliser les hommes. Mais as-tu déjà réfléchi à ce que c’est évangéliser les hommes ? Evangéliser un homme, vois-tu, c’est lui dire : Toi aussi, tu es aimé de Dieu dans le Seigneur Jésus. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas le penser seulement, mais se comporter avec cet homme de telle manière qu’il sente et découvre qu’il y a en lui quelque chose de sauvé, quelque chose de plus grand que ce qu’il pensait et qu’il s’éveille ainsi à une nouvelle conscience de soi. C’est cela, lui annoncer la bonne nouvelle. Tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié. Une amitié réelle, désintéressée, sans condescendance, faite de confiance et d’estime profondes ». (Sagesse d’un pauvre, Eloi Lecler).

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Le conseil pastoral a voulu qu’en 2016- 2017 notre paroisse soit « réveillée » dans sa vocation qui est celle d’être une Eglise missionnaire. Nous serons aidés par les pères Lazaristes comme vous avez pu le lire dans l’éditorial de la feuille paroissiale de Pentecôte et dans la revue diocésaine d’Aix et d’Arles de mai dernier.

J’invite les responsables des groupes, de services et de mouvements à entrer dans cette perspective.

 

La messe du 27 septembre à la Primatiale à 10 h 30 se situera dans cet élan.

 

Le samedi 7 novembre, nous vivrons une Assemblée Paroissiale. Cette rencontre sera préparée par le Conseil Pastoral. Celui-ci vous invitera à découvrir ce que nous attendons de chacun pour que notre paroisse vive encore mieux et encore plus au rythme de l’Evangile.

Cette Assemblée sera animée par les Pères Lazaristes. Cet après-midi sera vécu comme une retraite spirituelle pour préparer notre cœur afin d’être les missionnaires que le Seigneur attend.

Avant d’être envoyés en mission, les disciples de Jésus sont formés par le Maître de l’Impossible.

 

 

Le « Maître de l’Impossible » c’est l’Esprit de Pentecôte. C’est lui qui convertit notre cœur. C’est lui qui nous guide. C’est lui aussi qui prépare le chemin qui nous permettra d’aller à la rencontre de ceux qui cherchent un sens à leur vie.

 

« Evangéliser signifie : montrer ce chemin. Apprendre l’art de vivre. Jésus dit au début de sa vie publique : je suis venu pour évangéliser les pauvres (Lc 4, 18) ; ce qui signifie : j’ai la réponse à votre question fondamentale, je vous montre le chemin de la vie, le chemin du bonheur - mieux : je suis ce chemin.

La pauvreté la plus profonde est l’incapacité d’éprouver la joie, le dégoût de la vie considérée comme absurde et contradictoire. Cette pauvreté aujourd’hui est très répandue, sous diverses formes tant dans les sociétés naturellement riches que dans les pays pauvres.

L’incapacité à la joie suppose et produit l’incapacité d’aimer, elle produit l’envie, l’avarice – tous les vices qui dévastent la vie des individus et du monde. C’est pourquoi nous avons besoin d’une nouvelle évangélisation. Si l’art de vivre demeure  inconnu tout le reste ne fonctionne plus. Mais cet art n’est pas un objet de science ; cet art ne peut être communiqué que par celui qui a la vie – celui qui est l’Evangile en personne » (1)

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Certes, nous vivons de l’Evangile ou du moins nous essayons de le vivre du mieux possible. Mais nos familles, nos amis, nos voisins et tous nos contemporains connaissent-ils cette joie d’être « appelés enfants de Dieu » ?

Réfléchissons un instant. Dans mon  quartier, dans ma rue, dans mon travail, le nom de Jésus est-il connu ? Tous ceux avec qui je vis savent-ils qu’ils sont aimés de Dieu ?

Suis-je pour eux ce sel qui apporte le goût de Dieu dans les relations humaines ?

La lumière qui est le Christ Ressuscité éclaire-t-elle les ténèbres de ceux qui vivent dans l’exclusion, la pauvreté, la maladie, le désespoir, l’abandon, la solitude, la séparation, le doute, la souffrance, la mort. Notre inquiétude pour l’avenir des jeunes et la survie de la planète sont-elles habitées par la foi et l’espérance ?

Il nous faudra prendre le temps personnellement et avec d’autres le 7 novembre pour nous mettre en face de ces réalités et pour nous dire avec conviction et audace : « oui le monde a besoin de l’Evangile ».

Depuis plus de 2000 ans l’Eglise n’a jamais cessé de le faire et pourtant nous assistons à un lent processus de déchristianisation. Il nous faut trouver de nouveaux chemins pour aller à la rencontre de nos contemporains.

Ces nouveaux chemins passent par une conversion car nous ne pouvons plus « fonctionner » comme il y a 30 ou 40 ans. Cependant, nous ne devons pas rechercher cette tentation qui est celle du succès à tout prix. Faire nombre n’est pas le but.

Jésus n’a jamais demandé dans l’Evangile de nous compter. Les grandes réalités commencent toujours par des petites choses comme la graine de moutarde décrite par Jésus (Marc 4,26-34).

 

 

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(1)   Conférence du cardinal Joseph Ratzinger « la nouvelle évangélisation » 10 décembre 2000

En méditant cette parabole nous découvrons que l’évangélisation est liée à l’humilité car  le succès n’est pas le nom de Dieu.

2016-2017 sont les deux années où se vivront concrètement préparation et mission.

Elles seront tout d’abord vécues à l’école de Nazareth, petite bourgade où Jésus a vécu 30 ans de sa vie, dans le travail, le recueillement, le silence. Il a fallu au Fils de Dieu ces années « de retraite spirituelle » pour ensuite partir sur les chemins de Galilée.

L’annonce du Royaume passe par un temps de méditation qui engendre la conversion. Ensuite par le Christ nous serons envoyés en mission avec la pédagogie propre aux pères Lazaristes.

2016 est aussi pour l’Eglise le Jubilé de la miséricorde voulu par le pape François. Comment ne pas associer cette préparation à la mission avec la grâce du jubilé ? Nous verrons comment le faire avec les propositions que fera le diocèse.

Bonne route. Elle sera accompagnée par les nombreux saints d’Arles, de saint Trophime en passant par saint Césaire et le Bienheureux Jean Marie du Lau, ils seront pour nous pendant cette mission ces figures chrétiennes de notre Eglise diocésaine qui éclaireront notre marche.

 

 

 

Père Stéphane Cabanac

Arles, le 24 juin 2015

en la fête de la nativité de saint Jean Baptiste

 

 

 

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