Réflexion sur le sacrement de mariage  

Réflexions  sur le sacrement du mariage

à partir du livre de la Genèse (2, 18-24)

 

A-t-on le droit de s’émerveiller devant le récit de la création extrait du livre de la Genèse ou bien doit-on penser comme l’écrivait dans une de ses lettres sur Dieu le professeur Einstein : ’’ La Bible est une collection de légendes certes honorables mais primitives et pour le moins infantiles’’ ?

Certes la Bible n’est pas une succession de livres scientifiques mais elle est un livre sacré qui nous révèle l’expérience que fait l’homme de sa rencontre avec Dieu. Ce Dieu qui se révèle à lui est un Père. C’est parce qu’il est Père qu’il est aussi Créateur. Le livre de la Genèse est bien le livre des commencements où l’on est invité à s’émerveiller devant l’acte créateur de Dieu.

Ici nous voyons que Dieu crée l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance. Il les met dans une égalité parfaite et totale selon une expression peu courante aujourd’hui mais très parlante au moment où ce récit a été mis par écrit : ’’ l’homme en voyant la femme dit alors : cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair’’.

Dieu dans un acte d’amour créateur appelle l’homme et la femme à vivre dans une unité absolue. Bien sûr nous savons que le péché des origines est venu détruire cette relation de communion.

Le Christ, dans sa Pâque qui est l’acte créateur de la nouvelle alliance (cf : la lettre aux Hébreux), rétablit ce lien originel où l’homme et la femme peuvent se regarder face à face dans le miroir de la Résurrection. Ils se découvrent alors tous deux unis, libres, égaux et fidèles grâce à l’alliance que Jésus  accomplit dans chaque eucharistie, mémorial de son sacrifice sur la croix et de sa résurrection.  

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Ces temps-ci, que de paroles entendues au sujet d’une loi qui va bouleverser le mariage. Sans aucune consultation, on va légiférer sur un projet de loi qui va déstabiliser tout le socle familial.

Des anthropologues, des philosophes, des pédopsychiatres (et tous ne sont pas des Pères de l’Eglise) ont demandé qu’un large débat soit mis en place pour étudier les conséquences d’un tel bouleversement anthropologique et  sociologique.

La commission épiscopale de la famille de la conférence des évêques de France a publié un texte d’une vraie et profonde qualité de réflexions. Je vous invite à le lire.

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Devant une situation aussi complexe, nous devons raison garder et ne pas nous laisser influencer par certains qui accusent l’Eglise  de parler. Est-on entré dans une dictature de la pensée ou bien a-t-on le droit de s’exprimer même si nous pensons différemment ?

 

-          Dire à un enfant qu’il est né de la relation amoureuse entre un homme et une femme n’est-ce pas le mettre sur un chemin de vérité et d’amour ?

-          Dire à un enfant qu’il est né de la relation amoureuse de deux adultes de même sexe, n’est-ce pas introduire ‘’un faux dans sa filiation’’ comme l’exprime un pédopsychiatre français ? 

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C’est une joie d’annoncer à des jeunes qui se préparent au sacrement de mariage l’Evangile de la famille.

Même si l’amour d’un homme et d’une femme est exigeant et parfois complexe, des jeunes ont le droit d’entendre la parole de l’Eglise. Cette parole leur révèle combien Dieu comble leur amour de sa bénédiction car elle seule peut fortifier l’amour que chacun porte en son cœur et qui est le reflet de l’amour trinitaire.

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Il est évident que les jeunes qui demandent le sacrement du mariage sont comme des ‘’bourgeons de printemps’’.

Pour certains le nom de Jésus leur est inconnu.

Pour d’autres le mot Evangile n’a aucune résonnance en leur cœur.

Doit-on se résigner ? Doit-on se lamenter ?

Bien au contraire. Il nous faut avec les mots qu’ils peuvent comprendre leur faire découvrir le visage du Christ.

Il ne s’agit pas d’être des prosélytes et de parler un langage qui leur est inconnu.

Il nous faut trouver une nouvelle façon de parler du Christ en étant imaginatifs car aucun futur couple ne ressemble à un autre.

L’annonce de l’Evangile passe par là. Elle passe également par notre propre conversion.

Les couples qui accompagnent les futurs mariés apportent leur propre témoignage avec ce qu’ils sont et ce qu’ils vivent. Ils sont des disciples du Seigneur. Eclairés par l’Esprit de discernement et de sagesse, ils apportent aux futurs mariés le meilleur d’eux-mêmes, c’est-à-dire la joie de vivre du sacrement de mariage.

 

La préparation au sacrement de mariage est une belle aventure évangélique.

Notre archevêque en avril dernier a promulgué quelques orientations.

Il invite à vivre les rencontres au mariage comme une préface qui permettra aux futurs mariés de prendre un ‘’chemin catéchuménal en parcourant les fondements du mariage chrétien’’.

Nous devons croire en la grâce du sacrement du mariage et poser un regard de bienveillance et de bonté sur ces jeunes.

Trop de jugements négatifs sont néfastes lorsque à tout bout de champ on affirme qu’un mariage sur deux ‘’va droit dans le mur.’’

Certes beaucoup trop de mariages connaissent des échecs.

Ø  Savons-nous dans nos rencontres parler du pardon ?

Ø  Sommes-nous des hommes et des femmes confiants dans la miséricorde du Père qui peut guérir un  cœur brisé ?

Ne soyons pas trop directifs. Laissons à Dieu la place d’être Dieu. Ne soyons pas des usurpateurs de son action. Laissons Dieu agir comme Il le veut et quand Il le veut.

Accompagner des futurs mariés c’est découvrir que nous sommes des ‘’pauvres’’ qui humblement témoignent  de ce qu’ils vivent profondément.

Nos contemporains, comme l’écrivait le Pape Paul VI, écoutent plus volontiers ‘’ des témoins que des maîtres’’.

Ø  Témoins de l’amour de Dieu pour un homme et une femme qui portent dans leur cœur beaucoup de choses qui nous sont inconnues.

Ø  Témoins de la joie d’annoncer qu’il est toujours possible d’aimer car aimer rime toujours avec pardonner.

Ø  Témoins d’une Eglise qui accueille les personnes telles qu’elles sont  et non comme nous voudrions qu’elles soient.

Ø  Témoins de la confiance que Dieu fait à ces jeunes qui malgré tout osent vivre du sacrement de mariage.

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Que cette ‘’ Année de la Foi ’’ suscite pour chacun une conversion profonde et véritable. Elle nous permettra d’être de vrais disciples du Ressuscité dont la seule parole du jour de Pâques est un résumé de l’évangile : ‘’ La Paix soit avec vous’’. (Jean 20, 19)

Cette parole n’est pas une prédication. Elle est la Parole qui permet la Rencontre avec Celui qui a vaincu toutes les formes du mal par la force de sa Résurrection.

Ayons confiance en Lui.

Ayons confiance dans les jeunes.

Père Stéphane CABANAC

 

En la fête de Saint Luc, évangéliste

Arles le18 octobre 2012

 

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